"Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l'esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de bufs éteints."
Pierre Desproges in "Chroniques de la haine ordinaire". Ed. Seuil.
onjour, moi c'est Vinch !
(avec v comme vrai, ne pas confondre avec Winch qui prend un w comme wrong)
Entre autres commentaires abscons et aphorismes hermétiques, on peut trouver ici :
- Ce que je pense des jeux de rôles.
- Un coin bandes dessinées.
- Un coin littérature.
- Des liens. (évidemment, on a jamais vu une page web sans links, enfin rassurez-vous, y'en a pas beaucoup)
Les jeux de rôles
Nous constituons un groupe de jeu de rôle assez particulier. Dans notre petit cercle chacun a un rôle précis qu'il prend très au sérieux, pour ne pas dire à cur. Ainsi, pendant que Jones est occupé à mourir, que Bat et moi attendons les pizzas, Obelax les méchants et que Barzi dort dans son pop-corn, Alan discours et Winch rit, ou beugle, ça dépend de l'interprétation ...
La première chose qui surprend immanquablement toute personne participant pour la première fois à l'une de nos soirées, c'est le manque total de sérieux qui règne à ces occasions. A vrai dire, il ne fait pas bon être maître de jeu avec nous, tant nous sommes dissipés.
Nous avons l'habitude de jouer à plusieurs jeux, notamment Elric, Hawkmoon, Cthulu (prononcer keu-tou-lou, ahahahah !!!) ou Shadowrun. Mais parmi tous les personnages que j'ai eu l'occasion de jouer, il y en a deux que j'apprécie tout particulièrement.
Lorian mès Chylam Dyvim n'Da'endri - Elric de Melniboné
Lorian est Melnibonéen. A Imrryr, capitale de l'île de Melniboné, ses compatriotes sont prostrés en une attitude décadente perverse, une sorte de délire de dégénérescence autodestructeur. Après avoir dominé leur monde et conquis d'autres plans, les Melnibonéens sont en train de sombrer dans la suffisance et l'autosatisfaction. Pourtant Lorian, bien que restant persuadé de sa condition supérieure à ces animaux qu'on appelle des humains, ne partage pas la névrose de son peuple. Passionné par les arts de la magie noire et chaotique, il ne comprend pas pourquoi sa puissance n'est que l'ombre de celle de ses ancêtres. Fouillant la généalogie de sa famille, il découvre alors l'existence d'un aïeul, puissant mage, et auteur selon ses sources, d'un journal dans lequel il relate sa vie et ses expériences. Sentant l'importance d'un tel ouvrage, Lorian décide de le retrouver par tous les moyens. Seulement, cet homme vivait il y a plus de neuf siècles, au plein milieu d'une province aujourd'hui autonome, où les Melnibonéens ne sont désormais pas très bien vus. Accompagné de son serf Inithias, il engage des péouses boueux pour le guider au travers de ce monde ignare. Sa quête va le mener de Bakshaan, une cité marchande pseudo-civilisée, aux royaumes barbares de l'est, en passant par Vilmir, la province de la loi, et le Duché de Veldt, ébranlé par une révolte.
Si tout se passe bien, elle va aussi faire de lui un mago surpuissant... ehehehehehe, j'adore les magos :-)
SLA ID (c) BaMe Technologies 1996.Clarence Nevins - SLA Industries
Sur un monde cité, gouverné par la violence et le profit, Clarence est employé comme operative, une sorte de chasseur de primes, par l'omnipotente Industrie SLA. Cette organisation, qui possède la majorité des planètes habitables de l'univers connu, est dirigée par Slayer, que très peu de gens ont eu la chance (ou plutôt la malchance) de rencontrer. On raconte d'ailleurs qu'il serait la réincarnation du diable, ce qui n'encourage vraiment personne. Dans ce monde putride, Clarence est le rejeton mutant d'une Ebon, une race alien pacifique et dotée de pouvoirs mentaux puissants. Pourvu d'une tare génétique qui le rend agressif et instable, il fait partie de la sous-race des Brain Waster. Teigneux, psychotique, Clarence se bat dans un univers infect de terreur et de violence gratuite. Un monde à la Blade Runner, qui lui pourrit la vie et qui pourtant, lui colle à la peau. Une cité qu'il aime et qu'il déteste, où il pleut continuellement sur ses immeubles en ruine, et où même la vermine est meurtrière. Douloureusement conscient d'être incapable de survivre seul, il est entouré des autres operatives de son squad, sa famille, même s'il s'en défend. Ensembles, ils tentent leur chance dans cette ville labyrinthique, qui s'étend sur plusieurs centaines de niveaux et porte le nom évocateur de Mort Central.
Ce perso est incroyable, toujours prêt à foutre la daube, c'est la teigne du groupe. Dommage qu'il s'en prenne un peu trop plein la gueule (l'univers n'est déjà pas des plus accueillant mais en plus, le maître de jeu me fait une légère fixation sur la prétendue surpuissance des Brain Waster).
Vous trouverez des compléments d'informations au sujet de ces deux zygotos dans la partie du panthéon qui m'est dévolue.
Star Wars
Accessoirement il m'arrive (rarement) de maîtriser des parties. J'ai choisi l'univers des guerres de l'étoile plus par passion pour les films, que par intérêt pour le jeu. A mon sens, tout est parfait dans ces films, même la débilité et la mièvrerie pourtant patente. J'attends avec impatience la suite, enfin le début de l'histoire. Et croyez-moi, si George Lucas nous sort un navet, JE FAIS EXPLOSER HOLLYWOOD.
Quant à ma contribution, voici un nouveau monstre à ajouter au bestiaire de Star Wars : l'Ewok nain de Tibetooine. Allez le voir, ce monstre a un air sérieusement cabot. :-)
Bandes dessinées
Je considère la bande dessinée comme un art mature et intelligent qui souffre d'une mauvaise réputation. Pourtant la B.D., ça n'est plus des p'tits mickeys puérils éructant péniblement des phylactères bovins au gré d'un dessin fielleux. Cela fait un certain temps maintenant qu'elle a su démontrer sa valeur grâce au talent tant de dessinateurs virtuoses, que de scénaristes ayant largement oublié d'être cons.
A l'instar du cinéma ou de la littérature, chacun trouve ce qu'il veut dans la B.D., et chacun l'apprécie individuellement. Pour ma part j'apprécie la BD européenne, sensible et introvertie. On la dit parfois faussement cérébrale, oui, quelquefois. Mais dans l'ensemble elle reste honnête et accessible. Il existe beaucoup de séries que j'aime à différents niveaux, voici une sélection de celles que je considère comme exceptionnelles.
- Rork, d'Andreas.
- Julius Corentin Acquefacques, de Marc-Antoine Mathieu.
- Sarajevo Tango, d'Hermann.
- Le vent dans les saules, de Michel Plessix.
- Watchmen, d'Alan Moore (scenario) et Dave Gibbons (dessin).
- Sin city, de Frank Miller.
Rork
textes et dessins: Andreas
Andreas. Rork (c) Andreas & Le Lombard 1994.Rork est l'uvre maîtresse d'Andreas. Pas de mysticisme de bazar (Rork ne vit pas dans NOTRE univers Winch !). Une vision pour une fois peu manichéenne de l'éternel conflit entre le bien et le mal. Andreas s'interroge sur le sens de la vie, la finalité de son monde, sa réalité dans la multitude des univers possibles. C'est absolument impossible à décrire, tant tout s'entremêle dans un écheveau de fils conducteurs, qui en rend la compréhension ardue. Ce qui constitue d'ailleurs pour certains le défaut majeur de cette bande dessinée; je pense que c'est une qualité. A l'instar de Cromwell Stone ou du triangle rouge, Andreas nous conte en effet une histoire personnelle, complexe, qui nécessite plus d'une lecture pour être comprise. Rien à voir avec l'alimentaire Capricorne, sa nouvelle série (dont le héros est d'ailleurs un personnage secondaire de l'univers de Rork). L'aventure de Rork est soutenue par un dessin préçis et anguleux témoignant d'une dextérité tout de même assez rare. A partir du troisième tome, c'est tout simplement somptueux. D'autre part, le découpage est absolument incroyable. Original et audacieux, il sous-tend parfaitement l'action et lui donne plus d'ampleur.
Rork est LA B.D qu'il faut lire pour comprendre ce que peut être cet art.
Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves
textes et dessins : Marc-Antoine Mathieu
Julius vit dans un monde surpeuplé totalement absurde, surréaliste. Lorsque peu à peu, il constate qu'il n'existe pas ailleurs que dans ce monde à deux dimensions, fait de papier et rempli de personnages secondaires, car le héros c'est lui, il est perplexe. Il prend progressivement conscience, sans jamais comprendre, qu'il est le jouet de son créateur, son dessinateur. Au fil de son aventure, il apprend que son monde est divisé en petites séquences, des vignettes, qui s'enchaînent au gré de pages et le mènent à la fin d'une histoire, son histoire. Par malheur, si l'histoire prend fin, son monde doit-il aussi disparaître ? Complètement excentriques, les aventures de Julius Corentin sont absolument géniales. Soudainement, il se met à rêver en couleur, une autre fois il est bloqué dans une action récursive ou alors il se met à remonter le temps. Marc-Antoine Mathieu exploite à fond toutes les composantes de la bande dessinée. Le papier que l'on tient n'est plus seulement le support d'une histoire, il participe à l'histoire, des pages sont collées, découpées, Julius en sort puis y rentre à nouveau quelques vignettes plus loin, on lit même des passages à l'envers. C'est extraordinairement déroutant. Le dessin noir-blanc est de plus délicieusement carricatural, rempli de clins d'oeil. Chaque détail des décors est minutieusement étudié, comme l'horloge, qui ne décompte que dix heures, des portraits de Tintin ou des "anagrammes" et des réferrences à Breton ou Dali.
Marc-Antoine Mathieu. Julius ...(c) Delcourt 1993.
Sarajevo Tango
textes et dessins : Hermann
Le coup de gueule d'Hermann face à l'ineptie de la guerre en ex-Yougoslavie. Un conflit ou les troupes de l'ONU sont remplacées par des hommes au bonnet de schtroumfs, se souciant plus de leur image envers le monde que de la sécurité à Sarajevo. Et pendant que Boutros Rallye envoie ses "doigts grondeurs" sous formes de ballons, on fait la connaissance d'Isteriko, un serbe qui loue une maison dans la banlieue et y vient le week-end avec son fusil à lunette pour "s'en faire un ou deux". On rencontre également la gent journalistique, interessée et totalement dénuée de scrupules. Absolument tout est tourné en dérision, une aventure dont le principe est des plus explicites : les serbes sont des cons et l'ONU un repaire d'incapables. Un peu simpliste direz-vous ? Tout-à-fait d'accord, mais le but de cette B.D. n'est pas d'être rationnelle et surtout pas convenable, mais de dénoncer, décrier, critiquer... exagérer. Elle avait d'ailleurs été envoyée par l'auteur à tous les acteurs principaux du conflit. Sarajevo Tango est, d'autre part, une des premières bandes dessinées de Hermann en couleur directe, un procédé qui donne une texture beaucoup plus vivante aux couleurs, et qu'il utilise désormais, avec plus ou moins de bonheur (n'achetez surtout pas Caatinga), pour toute sa production, y compris Jeremiah.
Hermann. Sarajevo Tango (c) Dupuis 1995.
Le vent dans les saules
textes et dessins : Michel Plessix
Michel Plessix. Le vent dans les saules (c) Delcourt.Michel Plessix est plus connu pour la série Julien Boisvert,
The Watchmen - Les gardiens
scénario : Alan Moore, dessins : Dave Gibbons
Je dois reconnaître que je ne connais pas grand-chose des comics, si ce n'est les grands classiques. Il m'est arrivé de lire les aventures de ces héros americano-américains, sauvant l'Amérique mondiale des super-méchants menaçants les droits civiques justes et bons, que y'a qu'en Amérique qu'y z'existent, d'abord. De sorte que pendant longtemps pour moi, les comics c'était ça : des types en pyjama, vaguement estampillés sur du papier cul et censés naïvement représenter la justice sociale dans un pays qui n'en a pas. Puis un jour, un pote m'a forcé à lire Watchmen. J'ai été sidéré. Dans les années 30, un groupe de sociopathes à tendance raciste se forme, les Minutemen. Engoncés dans leur pyjama à rayure, ils vont défendre la veuve et l'orphelin en dehors des heures de boulot et lancent ainsi la mode des super-héros. A l'aube des années 70, devenus des vieillards arthritiques, certains se choisissent des successeurs et prennent leur retraite. Seul reste le très dérangé Comédien, qui lui, part casser du niak au Vietnam, ce qui achèvera de le rendre fou. Les choses ont changés désormais, au plus fort de la désillusion de la guerre est apparu Doc Manathan. Il naît (comme il se doit) dans une parodie d'accident nucléaire, ce qui en fait l'unique super-héros de l'histoire. Frappés de stupeur par cet homme doté de pouvoirs qu'ils n'ont pas et n'auront jamais, les porteurs de pyjama sont ébranlés jusqu'au tréfonds de leurs âmes. Très vite, leurs bavures se multiplient et en 1977, au comble de l'ironie, l'acte Keenie interdit purement et simplement leur existence. L'histoire débute alors. Le comédien est assassiné. Rorschach, un gars méchamment taré de la tête, mène l'enquête, ressortant au passage son vieux masque. Moore et Gibbons prennent absolument tout à l'envers dans cette aventure. A l'image du hibou ci-contre, les super-héros sont bedonnants, instables. Sans jamais sombrer dans la comédie ils les décrivent sous une perspective complètement différente du comics de base ... puissamment dérangeante.
Sin city
textes et dessins : Frank Miller
Dans la même veine que Watchmen, Sin city est une uvre visionnaire. Pas de faux semblant à Basin city, pas de super-héros bellâtres infligeant des super-fessées aux princes du crime. Accentué par l'effroyable noirceur de son dessin, Miller se contente de dépeindre la réalité d'une ville dans son horreur la plus pure. De bas-fonds en trous pourris, on vit les derniers jours de Marvin, l'anti-héros ultime. Schizophrène, il est en plus affublé d'une carence intellectuelle qui flatterait même mon chien, et pourtant Dieu sait s'il est con mon chien. De gangster minable en psychopathe ignoble, Marvin parvient cependant à remonter jusqu'au commanditaire d'un crime dont il est accusé injustement. Augmentant graduellement en bestialité, l'histoire se termine dans un paroxysme de violence à la limite du gerbatif (au risque de paraître pougnet, je dirais que c'est presque choquant). C'est malgré tout puissant et magnifiquement servi par un dessin noir-blanc incroyablement contrasté. Insistant sur le noir d'encre, Frank Miller maîtrise le clair-obscur à se taper la tête contre les murs. Presque à la manière d'un manga, le style est fluide et l'enchaînement des vignettes rapide, presque frénétique. Le texte importe peu, l'action seule fait déjà péter le papier. C'est défoulant et crispant à la fois. Sin city est une série de plusieurs volumes indépendants, mais selon moi seuls les premiers ont une véritable envergure.
Littérature
Un livre ça n'est pas comme une BD. Je ne pense pas qu'il me soit possible de faire un classement de ceux que je préfere, et de toutes façons je n'en ai pas l'envie. Il est en effet évident que j'ai lu certains ouvrages plusiquers fois, mais c'est incomparable avec la fréquence avec laquelle j'ai pu lire des BD, jusqu'à pouvoir déterminer avec exactitude lesquels étaient mes favorites. Cependant, certains bouquins m'ont marqués plus que d'autres, et je les conseille (bon c'est un peu les trucs de base, désolé).
Le seigneur des anneaux - JRR Tolkien
La base, la réferrence, le départ, l'indipensable,
Fondation - I. Asimov
Je ne veux choquer personne, mais Fondation ... c'est des histoires à lire sur les chiottes. 3000 nouvelles qui parlent toutes de la même chose: un méchant gentil rencontre une gentille méchante-et ils s'entendent pas-et ils sauvent le monde-et alors ils se marient. C'est en plus empreint de cette adoration presque fétichiste pour l'énergie nucléaire, typique des années 50. Phénomène qui a entrainé l'émergence incongrue des traitements de santé au radium, d'Atomic Ant, du dénoyauteur de câpres à dépolarisation radioactive et j'en passe.
Non, je ne le cite ici que parce qu'à l'instar du monde de Tolkien, l'univers d'Asimov est absolument monstrueux, d'une vastitude et d'une complexité telle qu'on a peine à croire que ce soit possible de faire plus grand. Fondation, c'est plus de 40'000 ans d'histoire galactique, détaillée jusqu'à l'absurde. Avec, en cadeau bonus, une fin qui, non contente de remettre en question l'existence de toute la galaxie, vous laisse aux tripes cette rare et agréable contraction, qui survient quand on aimerait en savoir plus et qu'en même temps, on est content de ne pas en savoir trop, qu'on est heureux pour une fois d'avoir l'impression de ne pas avoir tout compris, et que tout, peut-être, s'inscrit dans un contexte qui nous dépasse... hmmm difficile à décrire.
Non, Fondation c'est caca, certes. Mais il FAUT l'avoir lu.La trilogie Cyberpunk - W. Gibson
Journal d'un fou - Gogol
Le matin des magiciens - L. Pauwels et J. Bergier
Le meilleur des mondes - A. Huxley
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dernière mise à jour 02.12.98
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